Plein nord

Un croquis de la plage de Malo-les-bains peut, bien cadré depuis la terrasse du Cactus, ignorer le port industriel à l’ouest.

Pourtant ce port (le troisième de France en tonnage), son acierie, ses usines Seveso II, ses cheminées et fumerolles, c’est le paysage de Dunkerque, vu depuis les kilomètres de plages où l’on se remplit les poumons et où l’on prononce les mêmes exclamations que sur toutes les plages (elle est bonne, non elle est froide, ah, cet air, ça fait du bien mais ça crève aussi, t’as pas faim ? on va boire un coup ? ha mon amour, tu es merveilleux dans ce crépuscule, etc etc).
C’est beau, alors on y va pour les mêmes raisons que celles qui nous font faire des kilomètres pour d’autres immensités et d’autres bruits de vagues.
Et nous, on aime, ça fait deux fois qu’on y revient. Comme de bons bobeaufs parisiens, on roule de biais sur la digue du Braek en s’étonnant d’y trouver des pêcheurs et en s’extasiant sur cette sacrée fragilité conférée au lieu par l’industrie lourde.
On entrevoit ce qu’implique le confort des voitures individuelles, des routes, des sacs plastiques des smartphones et autres biens de consommation. La multipla est magnifique dans ce crépuscule.

A moins de 20 kilomètres de là, Gravelines, dont le chantier démarra en 1976, est le troisième site producteur d’énergie nucléaire au monde. ça se voit moins, on ne le renifle pas, contrairement au reste.

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