c’était ça et sous ta barbe

Je ne fais pas exprès de chroniquer un livre avec « ça » dans le titre. Mais il est très réussi, pas que du titre, et réalisé à quatre mains voire davantage (car édité au Dernier cri : comptons les mains des artistes mais aussi celles des éditeurs qui conçoivent, sérigraphient et façonnent) : C’était ça ou couvrir le monde de crottes de merde.

de : Aurélie William Levaux et Moolinex (de Liège, de Poitiers)

au : Dernier Cri (de Marseille)

Un livre à deux et tête bêche, qui ne perd pas son temps, qui témoigne d’une rencontre bien réelle et bien marquante pour les deux artistes en question.


Aurélie William-Levaux écrit face aux tableaux colorés de Moolinex, qui commente de la même encre rouge les dessins et broderies de cette dernière.

C’était ça ou couvrir le monde de crottes de merde est vendu 20 € accompagné d’un bonus : le livre Super merde, de Moolinex.
C’est drôle, car ce livre en solo témoigne assez bien du caractère de l’artiste, mais met surtout en valeur l’énergie dégagée par C’était ça…
De même, Aurélie William-Levaux vient de publier chez United Dead Artist un superbe livre-carnet : Sous ta barbe mon âme est morte, où elle expose en dessins-états d’âme aux textes brefs une relation (ou plutôt sa fin) douloureuse. AWL dessine et écrit sans fard, on en tressaille parfois -il faut oser- et c’est superbe. Moolinex ne prend pas davantage de gants (Super Moolinex en témoigne assez dans son ambition de provocation égocentrique), mais à vouloir choquer, se dissimule, même à poil.
Mais en duo, habillés sur un lit et dans leur correspondance artistique, c’est explosif, drôle et touchant. Ces deux-là se sont trouvés, et ils le crient à la face du monde. Plutôt que des crottes de merde, ils font un livre, c’est beau non ?

Un de mes extraits préférés, ci-dessous :

(il faut bien regarder le dessin d’AWL pour savourer le rôti de Moolinex)

Souvenirs du nord

La digue du Braeck, à Dunkerque, avec la mer et les usines à gauche, la mer et l’Angleterre à droite (plein nord):

Des autochtones pêchent sur le littoral  nord de la digue, sous les fumées des usines pétrochimiques.

La plage de Malo-les-bains, à marée basse. Des autochtones ramassent des coquillages.

On mange de bonnes choses, dans de bonnes adresses :


(bien nourrissantes, les faluches. Mais ça ne vaut pas une tarte au Maroilles)

Chez Sé, Fabrice et Rachel, je ramène un plat typique :

Vraiment très facile à faire en salade, il suffit d’ôter l’arrête centrale des sprats et de poser de la salade à côté (variante : des pommes de terre).