du chiac et la gniaque

« Bonsoir, je m’appelle Lisa Leblanc, je fais du fôlk trwash et j’aime les câow bâoy« .

Elle a dit ça très vite, tout juste le temps de jauger la salle, et d’envoyer sa première chanson « J’pas un cowboy« .

Fait que, c’était parti. Une bonne grosse heure de gniaque et de chiac, traduit en français dans l’interlude entre deux chansons pour que le public parisien comprenne de quoi il retourne malgré son accent et ce dialecte acadien. Ce n’est pas la première fois que Lisa Leblanc jouait à Paris, mais là, elle lançait son album (dispo depuis hier 25 mars, chez Tôt ou tard, un an après sa sortie au Canada). Fait que, elle avait l’air assurée comme ça mais, toujours droite dans ses bottes de cow boy, guitare acoustique en main, elle confessa une légère appréhension. Avant son entrée en scène, un jeune homme nous avait abordés : « Vous êtes français ? Comment vous êtes venus là ? Ah… Elle n’est pas très connue en France, Lisa Leblanc, vous pensez? » En effet. Mais ça ne devrait pas durer longtemps, avons nous répondu au gentil journaliste de La Presse, venu tâter l’accueil parisien de leur star (disque d’or et j’en passe).

Lisa Leblanc n’est pas calibrée pour le hit-parade, ne fait pas dans la variète à la mode (« tannée des chansons fi-filles ») mais parle country-style de ce qu’elle a pu vivre dans son Nouveau-Brunswick natal, avec une écriture chiadée et énergique, en reculant de 3 pas pour mieux balancer ses cheveux sur un riff de banjo.

Elle fait aussi dans le naturel bien campé, qui aime le rock et aimerait que le public parisien fasse un peu de sport (« la première personne à faire du crowdsurfing gagne l’album! » Peine perdue). Mais fait un show où elle prend le temps de se poser et de faire entendre ses textes et ses amours déceptives. Le chiac, la gniaque, et beau à chialer, sur Câlisse-moi là et quelques autres.

On croyait la salle timide, elle était comble, et assez hypnotisée. Applaudissements, rappels et même quelques refrains repris en coeur (P’tête que demain ça ira mieux mais aujourd’hui, ma vie c’est d’la maaaaarde… son tube, joliment enchaîné tout en douceur énergique après l’émotion de Câlisse-moi là.)
Sans doute que les parisiens n’ont pas bien l’habitude de ce franc-parler sans chichis, de ses histoires de plouc et d’amour pourtant universelles et bien écrites. Mais le plaisir était palpable, et partagé avec une bonne dose d’humour de part et d’autre.

Ah, voir Lisa Leblanc sur scène, ça vous ragaillardit comme c’est pas permis. Elle passe encore ce mercredi 27 à Paris (toujours à la Boule Noire), le 4 avril à Arles, et son album est là :
Cerveau Ramolli, chez Tôt ou tard.

PS : J’allais oublier de citer le duo qui fit la première partie avec des instruments électroniques comme il y a 30 ans, sauf que bien sûr ils ont moins de 30 ans : The Pirouettes.
Des textes à la Fleurant-Didier, en plus jeune, en plus couple, pas mal du tout.

PS 2 plus tardif : vérification faite, on n’écrit pas « Gniaque », mais « gnaque », ou « niaque ». Vérifié grâce à Télérama qui a fait le même jeu de mots que moi, mais sans faute d’orthographe (« La niaque et le chiac », ça sonne mieux, ce sont des pros), en une de leur supplément « Sortir » paru le lendemain du concert.

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