Une transparente et des béliers – gravés

pommier et béliers La pousse de printemps a bien eu lieu : floraison de verts, bas côtés disparus sous un mètre d’herbages et de fleurs, jardins envahis, ron-ron des débroussailleuses et trafic de moutons. Les béliers du voisin sont arrivés à temps pour rendre le champ praticable avant l’arrivée des tiques (on espère, ça reste toujours à surveiller). Dans un premier temps ils délaissent les boutons d’or (les renoncules rampantes leur irritent les muqueuses, dit le Guide du promeneur dans la nature), l’oseille et les orties. Ils s’y mettront après avoir réglé son compte à l’herbe et au trèfle. La barrière autour de la transparente de Croncels continue de remplir son office, du moins tant qu’ils se cognent le front entre eux plutôt que contre les piquets. Et toujours sous le charme des bois gravés de Pavel Macek, je m’entraîne à la gravure à la gomme perdue (plus pratique que le carnet de croquis, on peut continuer à graver sous le crachin occasionnel).

Truite fraîche

truite_de_correze

Un des inconvénients du Limousin, c’est cette distance jusqu’à l’océan Atlantique et ses poissons. Heureusement qu’il y a quelques élevages, notamment en Corrèze, et qu’un pisciculteur fait le déplacement à la foire d’Eymoutiers (tous les 3èmes jeudis du mois).

Son stand : une table de camping avec une balance et trois panneaux de prix : Omble chevalier / truite fario / truite. Derrière lui, un genre de tank sur une remorque, dans lequel il prélève, à l’épuisette, l’espèce et la quantité désirée. Contre à peine trois euros, il estourbit la bestiole ci-dessus d’un geste sûr (les poissons ne gigotent jamais longtemps sur la balance). ça semble cruel, mais guère plus qu’une pêche au filet ou à l’hameçon, quand on y pense. Vu la saveur du plat cuit quelques heures plus tard, avec juste un filet d’huile d’olive, de citron et une pincée de gros sel, je ne suis pas près d’être végétarienne.

PS du 8 juin : il semble bien que le geste sûr du  bourreau ne soit pas sans lien avec la qualité de la chair : ainsi les pêcheurs suisses apprennent à estourbir correctement leurs prises.

 

Mur

lierre_mur_gravure

Heureusement, avant le mur de l’immeuble d’en face, il y a celui du jardin, son lierre, ses jeunes épeires livrées par le voisin.

Traduit en gravure au plastique perdu, c’est un peu plus brut et moins lumineux qu’en vrai.
Un premier essai qui ne fait qu’accroître mon admiration pour les gravures au bois perdu de Pavel Macek, découvert la semaine dernière à la maison du tailleu.

Une expo visible jusqu’au 17 mai, à ne pas rater, à la Maison du tailleu, place de l’église, 23000 Savennes. Tous les week-end et jours fériés de 15h à 19h et sur rendez-vous
au 05 55 80 00 59. Et le 16 mai il y aura une lecture de Valérie Rouzeau, en prime.