Perche du jour

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Dessin frais du marché ensoleillé ce matin. C’est la deuxième aquarelle de ce poisson faite sur leur stand, mais les perches de Hollande sont rares à l’étal, et leurs nageoires orangées tellement aguicheuses…

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Les comparaisons banlieue/campagne

Les tomates cerises (une de mûre, mi-septembre) ne dépassant pas la taille d’une bille. Néanmoins issues des fruits chus l’été passé (plant creusois, troisième génération)

Les tomates de variétés anciennes, récupérées à la bourse aux plantes du village, des plants bio dont j’ai perdu les noms et qui ont réussi à pousser malgré l’entretien irrégulier, les chevreuils, le plein air, le printemps hivernal, le mildiou.

Il y a parmi elles des cornues des andes, des roses de berne, des coeur de boeuf. Mais les plants se sont mélangés, et j’ai perdu le nom des plus productives, barbapapamorphes et goûtues même à moitié vertes.

Dans le jardin

Ce jardin est plein de plantes données par des amis, ou issues de graines données par des amis.
La consoude a été arrachée d’un volumineux pied dans le jardin de Monique, en Creuse; elle m’assurait que c’était très bon à cuisiner, et que ça résistait à tout. Nous n’avons vérifié que ce second point, elle rejaillit vaillamment après chaque hiver et chaque sécheresse.

Blitz-Bretzel

Première chose à faire après 7h de train à jeun, en descendant en gare de Leipzig : se jeter sur un bretzel, puis une curry wurst. Pas de doute, cet alignement de stands de bouffe pas chère au bout de chaque quai : on est bien en Allemagne.

Le prétexte de cette escapade : le DOK festival de Leipzig qui programmait Maria Magenta. Mais c’était aussi pour aller voir ma cousine et sa famille.

Et leur maison, et leurs poules, et leurs lapins.

Les poules sont naines et japonaises. Des poules de luxe, enfin, une variété ancienne de poules d’ornement.

On les appelle « chabo » (petit, en japonais).

Il y a plusieurs variétés de chabo, mais toutes sont courtes sur pattes. Les Daruma (comme le petit coq noir que porte Lily, si je ne me trompe) ont la queue plus courte, une moins grande crête, et ont un caractère très doux.

Les chabo ont en général le bout des plumes un peu pointu, mais au Japon, on considère ça plus chic lorsque le bout est arrondi. Il y a donc des sélections génétiques dans ce sens.

Idem pour le pelage : les « Sakura » (fleur de cerisier) ont les plumes tachetées de blanc. Et c’est plus beau lorsque les points blancs sont homogènes. Ha, les concours de beauté de poulettes…

Là, je crois que c’est une sakura et son poussin.

Car un véritable amateur de chabo fait de la reproduction.

Bon, cette année, ils ont eu 6 mâles. Pas terrible pour les oeufs (ai-je oublié de dire que les chabo pondent des oeufs pas très grands mais tout à fait comestibles?)

Que faire des mâles ? La même chose que dans tous les élevages…

C’est très bon, d’ailleurs.

Et les lapins ? Ils ne pondent pas, ce sont uniquement des animaux de compagnie.

Et ils ne finiront pas comme les poulets : ces deux gros mâles sont bien trop vieux, et déjà castrés.

Pas de leçon de vie avec les lapins, donc.

Du moins pas les lapins de ma cousine.

Car dans le film de Mario Schneider, Mansfeld (The man’s field) il y a une scène d’abattage de lapin très bien vue (et très bien montrée en retour). Elle en annonce une autre, avec un cochon, mais je ne veux pas énumérer car on va croire que Mansfeld est un film de boucher alors que non. Ou un film militant vegan et : pas davantage.

Mansfeld est un documentaire sur des enfants d’une dizaine d’années, dans une petite ville d’ex-Allemagne de l’Est. Les devoirs, les passe-temps, les relations avec les parents… et puis, petit à petit, se dévoile une tradition propre à ce village, qui fête la fin de l’hiver avec un rituel très codifié. Les enfants y ont un rôle, ils s’y préparent.

Et c’est beau, ce film qui mène ses spectateurs à découvrir avec beaucoup d’attention de quoi sont faites ces vies et comment a lieu la transmission de savoirs, d’histoires, de la mémoire familiale et de la culture. ça commence comme un épisode de streap-tease, ça finit avec une fête populaire qui pourrait se résumer en une blague ou un synopsis de strip tease. Sauf qu’on n’a plus du tout envie de le résumer à ça, tellement on a passé de temps avec chacun, savouré les points communs et les différences de cette petite société.

J’espère que ce film sera distribué un peu en France, il le mérite. Il a eu le prix « Defa » pendant le festival, ça contribuera peut-être un peu à le faire diffuser.

escapade à palourdes

Au débotté, un petit tour sur une île (presque pas presqu’île), avec les creusois et le prétexte alléchant de manger des palourdes.

La pêche au Vieil étant toujours débordante, on en a dégusté dès l’arrivée.
Juste avant de partir, aussi, en profitant du Gois à marée basse, et ne le quittant pas avant de le voir recouvert, de l’autre côté.

Entre les deux, une pêche plus sportive au Devin, découvert lors des grandes marées, moins mais mieux : plus rares, plus grosses, plus saines; car les palourdes récoltées côté continent n’ont pas bonne réputation chez les locaux.

c’est du moins ce que nous ont dit Nicolas et Isabelle, après nous avoir fait visiter leurs marais salants.


On a enfin compris la différence entre la fleur de sel, prélevée en surface, et le gros sel, raclé dans les oeillets (il fallait se souvenir que la saumure y est saturée de sel, et épaisse de quelques centimètres, selon l’évaporation).

On en a retenu les quelques conditions nécessaires aux marais salants : une arrivée d’eau de mer (avec la marée, les étiers et les canaux), un dénivelé, un sol argileux, et un temps propice à l’évaporation.
Et ce qu’il faut éviter : des eaux polluées, une utilisation excessive des réserves souterraines d’eau de mer pour la pisciculture et l’ostréiculture (les eaux souterraines disparues, il est arrivé que la couche argileuse s’effondre, purement et simplement), des cuves de pétrole enfouies dans ce sous-sol, en plein marais (trop tard… dans les années 70, il n’y avait pas de plan d’occupation des sols pour empêcher le super U de s’installer là. On lui a prélevé quelques litres, pour la peine et pour revenir sur le plateau).

rouges, belles et bonnes

Celles d’Anja et Emilie, les coeur de boeuf, sont charnues et goûtues, agrémentées d’aneth et de vinaigrette elles se mangent en entrée et re-en dessert. De la variété rustique poussée par kilos dans le sud de la Haute Vienne, en plein air.
Les 2 petites, cueillies avant qu’elles n’éclatent devant chez Roman et Juliette, au plein air de la Creuse, ont le goût des cerises, en plus fondant. Certainement grâce à Denise qui les arrose tous les jours en l’absence de leurs propriétaires.
Bon, sang, que les tomates d’été vont manquer en hiver.