Bons veaux

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Depuis le temps qu’on les croise, ce sont sans doute devenus des broutards, mais on continue à dire les veaux, par habitude.

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Tous les matins, ils viennent nous saluer, sur le haut du champ. On prend très vite goût à ce genre de cohabitation. Ils sont quatre, ils sont assez différents, je n’ai pas encore réussi à les portraiturer fidèlement.

Celui que je trouve le plus beau, et que j’ai peint avec une maladresse de jeune veau, est accroché sur les murs de la médiathèque de Felletin, qui accueille mes dessins jusqu’au 8 février.

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C’est une exposition en forme de réponse à la question « pourquoi j’aime faire des livres? ».

Le 8 février il y aura une projection du film de Francis Vadillo Undergronde, et on pourra discuter ensuite.

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Chez Thivaud

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Les 8 vaches ruminent dans le champ du four à pain, elles rentreront juste pour la traite, vers 18h.

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D’habitude elles dorment au chaud l’hiver, mais là, l’étable est pleine.

chezthivaud03_siemmenthal-velleElle accueille deux génisses, ainsi qu’une velle, dans la salle à côté. Elle aura son biberon après la traite.

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Clément a choisi d’élever des Simmenthal, une race mixte lait /viande. Graphiquement je les trouve plus proches des Limousines que des Prim’holstein, pour rester dans mes canons habituellement croqués (elles ont cependant une robe proche des holstein, mais dans des tons marron. Je ne prends pas le temps de dessiner leurs taches).

C’est une race suisse, ça nous permet de plaisanter Roman, qui s’occupe d’elles pendant deux jours et demi, avant que la relève n’arrive. Les fermiers peuvent ainsi prendre quatre jours de vacances – la production de fromages reprendra à leur retour.

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Il reste une lapine dans les clapiers. Bien nourrie, comme les deux truies, à côté, qui boivent du petit lait.

Kees dans la rosée des détails

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Aujourd’hui Betsie 2644 n’est pas sortie après la traite du matin, malgré le beau temps de ce deuxième jour d’automne. Avec sa centaine de copines, elle est restée à l’étable, et a pu entendre causer hollandais, français, roumain et ranglais (l’anglais roumanollandofrançais). Ce dernier point est assez habituel dans ce GAEC cosmopolite, mais cette fois ça causait aussi au micro, entre deux morceaux de Bob Dylan ou Nina Simone, avec beaucoup d’émotion. On parlait de Kees, de son parcours, de sa passion, de tout ce que sa forte personnalité a permis de faire éclore. Kees était là de plein de façons différentes, dans tout ce et dans tous ceux qu’on voyait. Son corps, dans le cercueil, a fait une dernière fois le trajet vers l’étable, porté par l’équipe du GAEC. C’est quand même pas courant d’avoir presque autant de vaches que d’humains à sa cérémonie d’adieu, surtout vu la foule. Ça aussi, c’était du 100% Kees.

Kees était un ami, et un ami cher à beaucoup. Quand il a appris son cancer, il y a deux ans et demi, il a commencé à écrire sa vie. Quand il me l’a dit ça a relancé le projet de livre avec lui (un projet commencé avant Saveurs fermières, et mis en pause pour faire ce premier livre ensemble). On savait tous les deux que je le finirai sans lui. Il est à peine commencé : on en était aux discussions. Ça prendra le temps qu’il faut, mais la vie de Kees n’a pas fini de germer dans celle des autres.

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Un dernier croquis pour la route : le mois dernier, à la ferme, quand notre conversation fut brièvement interrompue par une négociation de colza.

 

La rosée des détails, c’est une expression de Khalil Gibran, tiré du texte sur l’amitié, dans Le Prophète, lu et écouté ce 22 septembre au Buisson.

Un peu de sérigraphie (1)

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à Felletin, il y a l’atelier des Michelines, qui font toutes sortes de belles choses en sérigraphie, et apprennent même la technique à qui veut. Pour leurs formations, les michelines cherchaient des choses à imprimer et distribuer ensuite sur divers festivals, comme des cartes postales. Elles ont demandé des dessins à diverses illustratrices et illustrateurs du coin. Ceci est mon premier dessin destiné à une impression bichro en sérigraphie, il était temps de s’y mettre. Les connaisseurs reconnaîtront la gare de Felletin, qui abrite les ateliers des Michelines et de quelques autres associations sympathiques.

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orangé de saison – sans rime

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Pour la rime, ces limousines auraient dû être des moutons. Les vaches du voisin tournées vers le couchant, ça ne rime pas en « on ». Les trois points dans le champ d’en face sont une laie et deux marcassins en fuite ; les sangliers retournent les champs en ce moment, et parfois les jardins, pour déterrer des châtaignes, des glands, des noisettes de terre et autres victuailles.

Entre deux averses

2594 était hésitante, hier soir. Elle avait mollement moutonné avec la tête du troupeau résignée à brouter un peu après la traite. Mais vraiment, ce gros crachin… Elle posa ainsi cinq bonnes minutes, le temps que la pluie forcisse et que les téméraires fassent demi-tour pour se remettre à l’abri.

De temps en temps 2594 (également connue sous le nom de Betsie 594) regarde passer les Renault 11, quand il fait beau. ça, c’est l’fun.

Tant et temps de veaux

Au Buisson les niches réapparaissent, c’est la saison des vêlages.

J’ai fait le veau en rentrant à la maison, en répondant un peu vite à un questionnaire de l’Union Européenne qui sonde ses citoyens de cette façon, avant de rédiger incessamment sous peu la réforme de la PAC.

Sans un média et un ami belges je n’aurai jamais eu connaissance de ce qui doit certainement apparaître dans les textes comme une consultation publique.
C’est là et le site sature parfois sous le nombre de connexions, car il ne reste qu’un jour ou deux avant la fin de la « consultation » :
http://www.food4.eu/fr/have_your_say.html

Les questions sont simplement formulées, mais moins simples pourtant que les réponses proposées (à choix pas si multiple, vu leur petit nombre).
J’ai finalement répondu à un sondage, ce qui m’arrive rarement et n’équivaut pas vraiment à une pratique démocratique.
Fallait-il s’abstenir pour autant ?
Je ne sais, je fais le veau. C’est naïf un veau, ça répond aux sondages (surtout lorsqu’ils ont prévu des réponses bisounours, c’est si mignon), ça réfléchit après.

Aujourd’hui j’ai aussi appris que les veaux (les vrais) qui ont de beaux antécédents familiaux risquent une mort précoce (plus précoce que les 8 mois de vie d’un veau de boucherie, s’entend) si le labo qui décode leur ADN les juge non valorisables pour leurs qualités génétiques.  C’est peut-être en lien avec le questionnaire, mais c’est trop long à expliquer sur écran, le temps de coucher ça sur papier je serai peut-être moins réac.

Mais pour l’instant je repense à Mouton 2.0 et ça n’a pas fini de me faire réfléchir.