Deux tentatives de cèpes

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Malgré la nouvelle lune Manu trouve la récolte décevante. Pas nous – il nous la livre à domicile.

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Il a plu, il fait doux. Il n’a sans doute pas assez plu, déduit-il de la quantité de cèpes sous les bouleaux.

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Deux jours plus tard, Aurore nous offrait aussi quelques magnifiques spécimens. Coupés en deux pour s’assurer qu’ils ne soient pas véreux et que l’on puisse laisser un peu de mousse, pour le goût. Avec cette terre sèche, Aurore ne trouve plus de champignons dans ses coins habituels. Alors elle se met dans la peau d’un champignon, et trouve quelques cèpes.

 

espadon estomaqué

espadon

Ce matin, un espadon décapité pointait le ciel d’un air ébahi.

Ce soir, j’apprends le décès de Jacques Noël, qui fut le libraire le plus incroyable que j’aie connu – à la librairie Un regard moderne, 10 rue Gît le Coeur, Paris. On trouvait de vraies trouvailles, au Regard Moderne, ébahis ou impressionnés au milieu des piles de livres ; on repartait surtout avec des raretés, dénichées, rangées avec une mémoire surréelle et conseillées avec goût et tact par Jacques Noël. J’y allais pour ce plaisir de la surprise et de courtes discussions de connaisseurs, parfois aussi pour lui vendre un de mes fanzines ou celui d’amis. Merde, j’y allais trop peu ces dernières années, vraiment trop peu alors que ma culture et mes plaisirs littéraires et graphiques lui doivent beaucoup.

Cet espadon a peu à voir avec la librairie Un regard moderne. C’est juste un hasard des jours, comme une époque qui se clôt et me laisse comme cette tête de poisson.

Kees dans la rosée des détails

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Aujourd’hui Betsie 2644 n’est pas sortie après la traite du matin, malgré le beau temps de ce deuxième jour d’automne. Avec sa centaine de copines, elle est restée à l’étable, et a pu entendre causer hollandais, français, roumain et ranglais (l’anglais roumanollandofrançais). Ce dernier point est assez habituel dans ce GAEC cosmopolite, mais cette fois ça causait aussi au micro, entre deux morceaux de Bob Dylan ou Nina Simone, avec beaucoup d’émotion. On parlait de Kees, de son parcours, de sa passion, de tout ce que sa forte personnalité a permis de faire éclore. Kees était là de plein de façons différentes, dans tout ce et dans tous ceux qu’on voyait. Son corps, dans le cercueil, a fait une dernière fois le trajet vers l’étable, porté par l’équipe du GAEC. C’est quand même pas courant d’avoir presque autant de vaches que d’humains à sa cérémonie d’adieu, surtout vu la foule. Ça aussi, c’était du 100% Kees.

Kees était un ami, et un ami cher à beaucoup. Quand il a appris son cancer, il y a deux ans et demi, il a commencé à écrire sa vie. Quand il me l’a dit ça a relancé le projet de livre avec lui (un projet commencé avant Saveurs fermières, et mis en pause pour faire ce premier livre ensemble). On savait tous les deux que je le finirai sans lui. Il est à peine commencé : on en était aux discussions. Ça prendra le temps qu’il faut, mais la vie de Kees n’a pas fini de germer dans celle des autres.

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Un dernier croquis pour la route : le mois dernier, à la ferme, quand notre conversation fut brièvement interrompue par une négociation de colza.

 

La rosée des détails, c’est une expression de Khalil Gibran, tiré du texte sur l’amitié, dans Le Prophète, lu et écouté ce 22 septembre au Buisson.

Portrait d’une sonographe

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Cécile Liège est sonographe : elle réalise des créations sonores qui racontent assez bien les gens, les lieux, ce qui se passe ou que l’on ressent. J’ai dessiné son portrait pour les carnets de Syntone, dans leur nouvelle formule. L’article a été republié ici : http://syntone.fr/limpression-de-toucher-avec-loreille-entretien-avec-cecile-liege-le-sonographe/

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et le site de Cécile Liège est là : http://www.lesonographe.net/web/

Mulognol

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D’abord le « clac » de la cage qui se referme, dans la nuit. Puis, épisodiquement,  le bruit de dents rongeant désespérement le grillage. Et parfois d’autres bruits de grignotages par d’autres rongeurs moins malchanceux : c’est reparti pour les captures quasi-quotidiennes dans la cuisine. Les trous pullulent dans le jardin, et c’est sans doute la sécheresse qui pousse les mulots à s’attaquer si tôt à nos victuailles (d’habitude on les capture plutôt l’hiver).

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Parfois, on ne retrouve pas les grandes oreilles et les grands yeux attendrissants dans la cage. Plus gris, plus trapu, petits yeux noirs et petites oreilles grises, queue courte : c’est un campagnol rousseatre (Myodes glareolus), nous semble t-il. On le relâchera dans le même coin que les mulots mais je ne crois pas qu’ils se croisent.