omble, truite

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En attendant de visiter la pisciculture de Bugeat, on trouve leurs ombles de fontaine à la foire d’Eymoutiers (un coup d’épuisette, un coup fatal sur la tête et voilà notre poisson dans le sac, dégusté quelques heures plus tard : un régal), tous les 1ers et troisièmes jeudis du mois.

Sinon il y a quelques truites dans les cours d’eau (une au moins aperçue hier dans la Maulde), mais il faut avoir la patience de les pêcher.

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Quand on a renoncé à la pêche et raté la foire, on se console en allant manger à l‘Auberge de la cascade, à Saint-Martin-Château, réouverte depuis fin juin par Réjeanne, qui y fait de bons petits plats inventifs (mais aussi des classiques à la carte, comme la truite au beurre avec sa ratatouille… on se pourlèche). J’attendais d’avoir testé plusieurs repas avant de faire de la retape : ça se confirme, c’est frais du jour et du marché, l’ardoise change toutes les semaines et même quand il y a du monde et que le menu change c’est sympa et c’est bon, et en + c’est ouvert tous les jours tout l’été (dès l’automne il y aura un jour de fermeture hebdo mais ça sera ouvert encore).

Cinq essais de salamandres

Capturée délicatement par Dédé alors qu’elle errait sur la route à midi, vraisemblablement dérangée par un relevé de compteur, cette salamandre s’est montrée tout à fait coopérative pour la pose. Cinq essais cependant (sans compter les croquis de Léone et d’Eiya) et rien de concluant encore. L’animal a été relâché sans encombre près de son habitat naturel (la bouche du compteur d’eau).

Le chant du merle

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Discret, commun, fidèle, attachant et élégant néanmoins, le merle. Un bon titre pour un bon film qui n’est pas un documentaire ornithologique mais une histoire d’amour simple et poignante, qui nous saisit dans une apparente lenteur (une tranquillité trompeuse) pour ne nous laisser reprendre notre souffle, émus, qu’une heure vingt plus tard.

Le merle de cette histoire, c’est Aurélie, jeune et discrète serveuse de l’hôtel restaurant d’Aubazine, petit village corrézien. Aurélie, elle est gentille, et sans sous-entendu : « tout le monde vous apprécie, ici » lui dit le patron lorsqu’il devient manifeste qu’Aurélie a besoin de repos. Car l’amour a fini par tomber sur elle – ce n’est pas la première fois, mais ce n’est pas si souvent non plus, elle commençait à trouver le temps long, alors les yeux pétillants et les roublardises d’un voyageur de commerce lui sont allés droit au cœur. Ce genre de femme discrète qui pourrait sortir d’une chanson de Brassens (Les sabots d’Hélène, tiens) et qui tombe sur moins discret mais plus secret qu’elle… Fidèle, courageuse, et embarquée vers un chemin qui n’est peut-être pas le sien, Aurélie vit tout cela avec grandeur d’âme et patience, tout en continuant à s’occuper de sa mère et surtout du père du patron qui perd parfois un peu la tête, mais auquel elle est sincèrement attachée.

C’est à peu près tout. Aurélie suit aussi des cours d’ornithologie (et siffle vraiment très bien), qui sont, dans leur bonhommie scientifique et naturaliste, à la fois poétiques et représentatifs de l’ambiance d’un petit village et de ses sociabilités. On entendra certes le chant du merle (pour de faux), du coucou (en vrai et en faux), et quelques vrais morceaux de musique, rares mais marquants. Et en sourdine, peut-être, cette lancinante question tirée d’un refrain trop explicite pour être dans la B.O. : should I stay or should I go ? la question du non-départ était déjà au cœur du précédent long-métrage de Frédéric Pelle (La tête ailleurs), elle se révèle ici en creux, dans la réflexion ultime du vieux monsieur Verlhac, que je cite de mémoire mais qui ne dit pas que : « Nulle part au monde ce n’est plus beau qu’ici ».

merle_crayon_faceC’est à peu près tout et c’est bien davantage, tant ce film repose sur la retenue dans tous les sens du terme : une écriture modeste et redoutablement efficace, une beauté de chaque instant largement portée par le jeu des acteurs (professionnels et amateurs mêlés, un régal), par les paysages de Corrèze (on ne s’esbaudit pas mais on savoure, on n’est pas dans la carte au trésor), par un cadrage plus ou moins serré, à la distance juste pour rendre le spectateur un peu plus attentif qu’il ne le pensait, jusqu’au dénouement (redouté) : une heure vingt à guetter, à sourire, à trembler au chant du merle qui était peut-être un cygne.

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Le chant du merle, long-métrage de Frédéric Pelle & Orlanda Laforêt, sorti en salles le 16 mars 2016, à voir avant qu’il ne s’envole des salles.
(http://www.reneferet.com/lechantdumerle/ )

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Depuis la semaine dernière, il y a plus de lumière chez les voisins de la place, et quatre résineux en moins dans leur jardin. Deux troncs subsistent encore sur pieds avant de trouver preneurs.

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De l’autre côté du chemin, les gars débitent le tronc du gros chêne abattu l’an dernier. Un petit appoint pour se chauffer d’ici 2 ans.

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De l’autre côté du champ, une ponette apprivoise deux moutons d’Ouessant. Princesse passera ici sa retraite.

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Pommes pommes pommes

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Sans doute les dernières pommes de l’année que je glane sous les pommiers des voisins. Pas très sucrées, mais en février on leur demande surtout de bien se tenir pour compoter au feu du poële, et c’est très bon.

Et pour compléter les nouvelles de Saint-Martin-Château : l’équipe municipale et l’association « Aux berges de Saint-Martin » viennent de rendre public l’appel à projet pour la reprise de l’auberge du village. Une auberge qui revit depuis 2 ans grâce à des habitants motivés, avec des travaux en cours et financés, bref un beau projet qui laisse tout de même de la latitude pour le personnaliser selon les compétences et les envies de repreneurs… Il faut faire passer l’info ! J’en parle un peu plus en détail ici : http://neocampagne.fr/2016/02/13/une-auberge-qui-revit-et-un-appel-a-projets/

 

Syntone vrai/faux (un peu de sérigraphie 2)

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Syntone est une web revue de critique de ce qui fait et ce que fait la radio d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Sur syntone.fr, on lit et entend quantité d’analyses, découvertes, interviews et sons qui traitent de la création radiophonique et des ondes sous toutes leurs coutures.

Les interviews se lisent, les sons s’écoutent, en illustration ou contrepoint. Point de radio filmée (ouf), mais un dossier sur la Radio numérique terrestre, un autre sur les fictions sonores pour la jeunesse, et d’autres encore… ainsi que des reportages au Japon, aux Etats-unis et ailleurs sur des émissions mythiques, des radios libres et même de la micro-radio.

Un panel de découvertes et d’analyses pour élargir nos écoutailles, et pas que, car Syntone examine l’écoute à l’aune de ce qui la constitue (la fabrique), mais aussi de ce qu’elle dénote, connote, et suscite. L’écran de l’ordinateur s’élargit, prolongé par une publication sur papier, les Carnets de Syntone, au contenu spécialement conçu pour l’occasion. Conçus aussi afin de financer son activité, car le site web de Syntone reste en accès libre, mais ses souscripteurs/soutiens reçoivent au courrier une parution trimestrielle et soignée. Les quatre premiers carnets, édités en 2015, déclinent le thème « fiction ». Chacun est illustré d’œuvres offertes par un artiste invité. J’ai eu le plaisir d’être invitée pour le quatrième opus de la série, le numéro « vrai/faux ».

 

Dans ce numéro, un feuilleton sur les faux-semblants radiophoniques nous apprend qu’Orson Welles n’était pas exactement responsable d’une vague de panique et qu’il ne fut pas le premier à utiliser les ondes pour un effet de réel sur de la fiction; un entretien passionnant autour du « documenteur » donne des envies de subversion douce par les ondes, un parcours dans les autoportraits sonores et une interview avec une bruiteuse remettent les effets de sons dans leur contexte de création collective.

En 2016 les carnets changent de forme, je suis bien contente d’avoir pu participer à cette première mouture, aussi artisanale que soignée, et d’avoir découvert l’agencement de mes dessins et les couleurs de la couverture de ce numéro, sérigraphiée par Syntone à l’atelier d’hécatombe, beau boulot.

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A noter : les carnets se lisent avec la reliure en haut, ce qui est assez rare pour être souligné, et correspond assez à une volonté d’élargir l’écran (tout en gardant son sens de lecture de bas en haut).

Sur syntone.fr bien d’autres choses encore (dont, récemment, une intéressante interview de Jessica Abel)