Kees dans la rosée des détails

betsie2644

Aujourd’hui Betsie 2644 n’est pas sortie après la traite du matin, malgré le beau temps de ce deuxième jour d’automne. Avec sa centaine de copines, elle est restée à l’étable, et a pu entendre causer hollandais, français, roumain et ranglais (l’anglais roumanollandofrançais). Ce dernier point est assez habituel dans ce GAEC cosmopolite, mais cette fois ça causait aussi au micro, entre deux morceaux de Bob Dylan ou Nina Simone, avec beaucoup d’émotion. On parlait de Kees, de son parcours, de sa passion, de tout ce que sa forte personnalité a permis de faire éclore. Kees était là de plein de façons différentes, dans tout ce et dans tous ceux qu’on voyait. Son corps, dans le cercueil, a fait une dernière fois le trajet vers l’étable, porté par l’équipe du GAEC. C’est quand même pas courant d’avoir presque autant de vaches que d’humains à sa cérémonie d’adieu, surtout vu la foule. Ça aussi, c’était du 100% Kees.

Kees était un ami, et un ami cher à beaucoup. Quand il a appris son cancer, il y a deux ans et demi, il a commencé à écrire sa vie. Quand il me l’a dit ça a relancé le projet de livre avec lui (un projet commencé avant Saveurs fermières, et mis en pause pour faire ce premier livre ensemble). On savait tous les deux que je le finirai sans lui. Il est à peine commencé : on en était aux discussions. Ça prendra le temps qu’il faut, mais la vie de Kees n’a pas fini de germer dans celle des autres.

kees_aout2016

Un dernier croquis pour la route : le mois dernier, à la ferme, quand notre conversation fut brièvement interrompue par une négociation de colza.

 

La rosée des détails, c’est une expression de Khalil Gibran, tiré du texte sur l’amitié, dans Le Prophète, lu et écouté ce 22 septembre au Buisson.

Portrait d’une sonographe

cecile_liege-face00couleur

Cécile Liège est sonographe : elle réalise des créations sonores qui racontent assez bien les gens, les lieux, ce qui se passe ou que l’on ressent. J’ai dessiné son portrait pour les carnets de Syntone, dans leur nouvelle formule. L’article a été republié ici : http://syntone.fr/limpression-de-toucher-avec-loreille-entretien-avec-cecile-liege-le-sonographe/

cecile-liege_jaune01

et le site de Cécile Liège est là : http://www.lesonographe.net/web/

Mulognol

mulot_couleur_las_04092016bis

D’abord le « clac » de la cage qui se referme, dans la nuit. Puis, épisodiquement,  le bruit de dents rongeant désespérement le grillage. Et parfois d’autres bruits de grignotages par d’autres rongeurs moins malchanceux : c’est reparti pour les captures quasi-quotidiennes dans la cuisine. Les trous pullulent dans le jardin, et c’est sans doute la sécheresse qui pousse les mulots à s’attaquer si tôt à nos victuailles (d’habitude on les capture plutôt l’hiver).

campagnol_2016

Parfois, on ne retrouve pas les grandes oreilles et les grands yeux attendrissants dans la cage. Plus gris, plus trapu, petits yeux noirs et petites oreilles grises, queue courte : c’est un campagnol rousseatre (Myodes glareolus), nous semble t-il. On le relâchera dans le même coin que les mulots mais je ne crois pas qu’ils se croisent.

omble, truite

omble_de_fontaine

En attendant de visiter la pisciculture de Bugeat, on trouve leurs ombles de fontaine à la foire d’Eymoutiers (un coup d’épuisette, un coup fatal sur la tête et voilà notre poisson dans le sac, dégusté quelques heures plus tard : un régal), tous les 1ers et troisièmes jeudis du mois.

Sinon il y a quelques truites dans les cours d’eau (une au moins aperçue hier dans la Maulde), mais il faut avoir la patience de les pêcher.

truite_au_beurre

Quand on a renoncé à la pêche et raté la foire, on se console en allant manger à l‘Auberge de la cascade, à Saint-Martin-Château, réouverte depuis fin juin par Réjeanne, qui y fait de bons petits plats inventifs (mais aussi des classiques à la carte, comme la truite au beurre avec sa ratatouille… on se pourlèche). J’attendais d’avoir testé plusieurs repas avant de faire de la retape : ça se confirme, c’est frais du jour et du marché, l’ardoise change toutes les semaines et même quand il y a du monde et que le menu change c’est sympa et c’est bon, et en + c’est ouvert tous les jours tout l’été (dès l’automne il y aura un jour de fermeture hebdo mais ça sera ouvert encore).

Cinq essais de salamandres

Capturée délicatement par Dédé alors qu’elle errait sur la route à midi, vraisemblablement dérangée par un relevé de compteur, cette salamandre s’est montrée tout à fait coopérative pour la pose. Cinq essais cependant (sans compter les croquis de Léone et d’Eiya) et rien de concluant encore. L’animal a été relâché sans encombre près de son habitat naturel (la bouche du compteur d’eau).